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Emploi et handicap : les conditions d'une intégration réussie


En recrutant un candidat qui correspond à ses attentes, l’entreprise a fait un choix positif, autant qu’elle se donne les moyens de l’intégrer durablement. Le point avec Jean-Michel Laborde, chef du projet Jamo, sur les conditions favorables à l’intégration d’une personne en situation de handicap cognitif.


« Une intégration réussie passe par une adaptation réciproque : celle de la personne à un environnement, celle de l’environnement pour lui faciliter l’intégration », souligne Jean-Michel Laborde, chef du projet Jamo, réalisé en partenariat entre l’AFTC et LADAPT, et vice-président de l’AFTC Île-de-France/Paris.


L’intégration se joue sur deux plans : l’accueil et le suivi. Comme avec n’importe quel nouveau collaborateur mais avec une particularité : il s’agit d’intégrer une personne ayant un handicap cognitif, résultant d’une lésion cérébrale acquise (LCA), handicap invisible, aux troubles divers, dont les contours sont difficiles à cerner. Les difficultés, si elles se présentent, sont fortement liées au contexte, on écarte donc l’idée d’un suivi standard pour privilégier le sur-mesure.


1. Attention, écoute, encouragements : trois attitudes propices à une intégration réussie

Le cas par cas est de mise mais n’exonère pas d’anticiper. Il s’agit de se préparer à être dans une posture d’attention, d’écoute et d’encouragement. C’est ainsi que l’on génère le climat de confiance indispensable à l’intégration d’une personne en situation de handicap cognitif au sein d’un collectif de travail.

- De l’attention parce qu’il faut « valider ce que l’on constate dans les premières tâches, les premières missions, pour ne pas laisser s’accumuler les difficultés ou laisser monter les risques que des difficultés surviennent », précise notre interlocuteur. Il faut donc prévoir des points réguliers entre le manager et son collaborateur, et si un tutorat est mis en place, entre le tuteur et le collaborateur, pour réajuster si besoin. - De l’écoute parce que la personne doit se sentir en confiance pour s’exprimer sur le déroulement de la prise de fonction, faire part d’éventuelles incompréhensions ou d’un

sentiment de surcharge.

- Des encouragements parce que le collaborateur en situation de handicap cognitif doit savoir si son travail correspond aux attentes de son employeur, l’incertitude pouvant générer un stress important, inutile et contreproductif.


2. Progressivité dans la prise de fonction : des objectifs précis et échelonnés favorisent l’intégration

Nouvelle mission, nouvel environnement technique et relationnel, nouveau métier, nouvelles procédures, nouvelles méthodes, nouvelle culture… L’intégration demande à la nouvelle recrue d’assimiler un grand nombre de choses. Face à tant de nouveautés, la personne en situation de handicap cognitif doit se sentir sécurisée — cela vaut d’ailleurs pour tous —, sachant que les difficultés ne vont pas forcément arriver. « Cela renvoie à la confiance que l'on doit installer. Si la personne ne se sent pas en confiance, ses résultats peuvent diverger des attentes », pointe Jean-Michel Laborde. Lorsqu’un palier est atteint, il faut le stabiliser. Cette progressivité dans la prise de fonction permet à la personne de tenir la pression des attentes de performance.


3. Un tutorat effectif et proche de l’action : un bénéfice pour l’ensemble du collectif de travail

Il faut prévoir la mise en place d'un tutorat sur la base du volontariat. Le tuteur doit avoir une légitimité métier et faire preuve de disponibilité et d’attention pour la personne. On doit non seulement lui donner les moyens de remplir sa mission mais encore, lui permettre de se l’approprier au même titre que ses autres missions. Parmi les bonnes pratiques, notons la possibilité de faire tourner le tutorat pour qu’il puisse devenir l’affaire de tous, et pour éviter l’ankylose du dispositif. Il faut garder en tête que l’arrivée de chaque nouveau collaborateur est l’occasion de renouveler les façons de faire, qu’il ne peut s’agir de tutorat et de suivi standards. « Quand le tutorat fonctionne bien, cela profite au collectif de travail. Ce dernier identifie clairement le référent de l’intégration de la personne handicapée », ajoute Jean-Michel Laborde.


4. Le soutien de ressources externes, partenaires de l’intégration de la personne en situation de handicap cognitif

Il est aussi utile que les différentes parties prenantes sachent qu’il existe des partenaires externes pour l’intégration, comme JAMO, qui aident à surmonter une difficulté si elle se présente, et qui contribuent à rapprocher des compétences, celles de la personne, et un environnement, l’entreprise du milieu ordinaire.


Propos recueillis par Sophie Girardeau

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